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vendredi, 22 mars 2019

Formation des professionnels immobiliers : faut-il faire ou faire semblant ?

Henry Buzy-Cazaux, président de l'Institut du Management des Services Immobiliers revient sur les enjeux d’une des mesures phares du projet de loi sur le logement en passe d’être définitivement voté au Parlement : la formation continueliendes agents. Tribune. "Le projet de loi ALUR (pour l'accès au logement et un urbanisme rénové) est en passe de devenir une loi à part entière : la semaine dernière, une version commune à l'Assemblée Nationale et au Sénat a vu le jour, que chaque chambre parlementaire va entériner cette semaine. Sous réserve d'un probable saisine du Conseil constitutionnel et d'une censure de certaines dispositions, la loi sera promulguée avant les élections municipales de fin mars. Au rang des avancées évidentes ménagées par ce texte, la formation continueliensystématique des agents immobiliers et des administrateurs de biens. Le dispositif sera précisé par décret, et la loi, logiquement, n'en pose que le principe : tous les professionnels, dirigeants, salariés, non salariés, vont désormais, au-delà de l'aptitude initiale déjà exigée par la loi du 2 janvier 1970 modifiée - justifiée par diplôme, par expérience ou par combinaison des deux - attester du suivi d'une formation tout au long de la vie. Des débats parlementaires, du livre blanc de la FNAIM et de l'UNIS paru en 2010, on déduit l'essentiel : chaque personne qui entre dans le métier devra suivre une formation sur les fondamentaux, et entretenir et actualiser ses connaissances par une formation continuelienannuelle. Il appartiendra au futur conseil national de la transaction et de la gestion de déterminer la durée des formations à l'entrée et ensuite, et leur teneur. On parle de trois journées pour chacune des deux obligations. On parle aussi de droit civil et fiscal, d'économie et de gestion. Le problème, c'est que la profession a voulu ces obligations comme on veut un animal de compagnie, sans mesurer ni ce qu'il va coûter en entretien ni les contraintes qu'il va engendrer. Je m'explique. A ce jour, les formations sont financées par les fonds collectés par Agefos-PME, collecteur attitré de la branche professionnelle, sur la base des obligations légales pesant sur les entreprises. En l'occurrence, la formation étant facultative, ce sont moins de 10.000 entreprises sur les quelque 35.000 agences et cabinets en France qui se forment, pour un ou deux collaborateurs. Le potentiel à former est environ quintuple. Or, les fonds de la branche sont totalement employés... Vous me voyez venir : il va falloir que les chefs d'entreprise mettent la main à la poche, et largement encore! On commence à entendre que le marché est tellement considérable que les prix de la journée de formation vont s'effondrer. Non, certainement pas. Le contraire pourrait se produire : les bons formateurs immobiliers constituent une denrée rare, et la commission paritaire chargée de veiller à la qualité, la Commission Emploi Formation de l'Immobilier, ne laissera pas s'installer la fumisterie. Vous pouvez compter aussi sur votre serviteur pour garder le temple, et en chasser les marchands, qui ne manqueront pas en effet de se présenter. On entend également que l'enseignement à distance va tout régler à bon compte. Alors là, on s'égare, pour trois raisons. D'abord, une journée d'EAD coûte une fortune en ingénierie: il ne suffit pas d'enregistrer pendant six heures un intervenant, et le cours par ordinateur est organisé, séquencé, exprimé différemment. A ce jour, cette ingénierie luxueuse n'est pas remboursée par le collecteur. Ensuite, l'enseignement dématérialisé est infiniment moins enrichissant que le présentiel: pas d'échange possible avec le formateur, pas d'échange avec les autres participants du groupe. Enfin, l'EAD est la porte ouverte à tous les abus: on clique et on est censé s'être formé. Soyons clairs : si les représentants des agents immobiliers et des gestionnaires ont voulu que le législateur fasse de la formation continuelienune condition pour exercer, ce n'est pas pour rien. Le public attend que le corps professionnel immobilier se réhabilite et que sa compétence collective augmente. Les associations de consommateurs, les sondages, les discussions au café du commerce - bref, les capteurs de tout niveau - en attestent. Ceux qui croient pouvoir se libérer sans coup férir de ces nouvelles contraintes salutaires se trompent lourdement. Ils font courir le risque à ces professions de passer à côté de leur destin, désormais tracé nettement par la loi." Henry Buzy-Cazaux

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